Mon ami Jean-Michel Besnier, professeur de philosophie, me faisait le reproche suivant à propos de l'émission "Osmose" sur France Inter :
"Il n'y a qu'une chose que je te reprocherais : pourquoi avoir cédé à Fabienne quuand elle te pressait de lui répondre que tu pourrais éventuellement créer des mèmes. Ce que tu avais argumenté auparavant excluait qu'on puisse se désigner soi-même comme l'origine du mécanisme de réplication-variation-sélection des mèmes.
A l'objection consistant à dire que rien de ce que tu avançais n'était vraiment nouveau, ta réponse semblait mettre l'accent sur l'espèce de déterminisme que le sens commun ne perçoit pas, parce qu'il s'en éprouverait humilié. Nous sommes des véhicules et non des moteurs. C'est là où doit se situer la discussion."
En première lecture, je me suis dit : il a fichtrement raison, si je vais au bout de mon argumentation, et pourtant quelque chose en moi réclame d'être capable de créer ! Quelque chose en moi dit qu'il y a une possibilité au coeur des choses de trouver une sorte de vide créatif, une sorte de recul qui permet de tremper le pinceau de sa pensée dans l'encre des mèmes comme un artiste qui s'apprète à peindre.
Lorsqu'on évoque la possibilité de "créer des mèmes", on accuse tout de suite les marchands de vouloir nous manipuler, de vouloir créer le besoin directement dans la tête des gens. Mais ce n'est pas vrai, je crois que l'on peut aussi créer et innover gratuitement.
Bien sur ce n'est que mon opinion de ce soir... Vos commentaires sont les bienvenus.
Pascal