C'est la seule chose de vraiment utile que nous ayons à faire, nous autres qui nous croyons en charge. Restaurer, partout où nous le pouvons, la capacité du monde à se régénérer, à rester vivant et vivable. Et ensuite lui foutre la paix !
Qu'est-ce que j'appelle "le monde" me demanderez-vous ?
Je parle bien sur de la société des humains, mais aussi de l'écosystème matériel et immatériel... par écosystème immatériel j'entends le monde des idées, des images et des mouvements. Celui où résident les lois, les arts et les sciences.
Toutes ces choses sont liées, c'est d'en parler séparément qui les sépare. Malheureusement les mots nous y obligent.
Mais les cloisonnements ridicules que nous imposons dans le savoir et dans l'agir ne doivent pas nous empêcher de voir la formidable puissance auto-organisatrice du vivant élargi (je persiste et je signe) aux choses humaines.
J'ai le plaisir, depuis quelques mois, de participer à un groupe d'échange et de veille qui s'appelle "Société Rêvée", sous la houlette de mon ami Alain de Vulpian. Voici la page pour lire nos notes de travail remarquablement mises en forme par Alain.
Les experts diraient que je suis passé en phase rêveur (et en mode militant quelques minutes par mois...) Je ne suis pas le seul. Il me semble qu'une partie de la société des gens ordinaires et extraordinaires se prépare à suivre ce chemin pour son plus grand soulagement et le soulagement de tous.
Protéger l'autonomie des autres, et respecter l'autonomie des choses : voilà un projet pour aujourd'hui.
Il faut d'abord convaincre ceux dont la passion est de solutionner, de diriger, de calculer, de réguler, de proposer, d'imposer, de punir, et de profiter au passage... de bien vouloir se détendre un peu.
Je ne recommande pas l'inaction pour autant. Seulement la prise de recul suffisante pour voir l'artificiel comme partie intégrante du naturel. Pour observer la spontanéité des vagues d'émergence de systèmes régulateurs et de systèmes libérateurs. Pour voir que les récriminations en tout genre sont de justes effets de résistance du tissu social, et que l'existance même de nos sentiments de révolte contre l'inacceptable démontrent que nous sommes encore en mesure de garder le monde en bon état de marche. Donc, ne nous endormons pas et ne nous énervons pas non plus.
Je n'écris pas très souvent sur mon blog ces temps-ci mais je vais faire une effort.
Promis.
Bonnes journées !
Pascal

Reste la question "de mémétique" qui me
semble encore à explorer : que faire de tout ce temps libre qu'on n'a pas voulu ?
Or la théorie mémétique, telle que je
la comprends, nous dit que le temps de cerveau - ainsi que sa forme collective, la bande passante sociale - est la nourriture de base des activités humaines, de la brosse à dent au culte
hebdomadaire, en passant par le travail et les loisirs organisés. Le temps libre en jachère, tant qu'il n'est pas encore approprié ni "canalisé" par des solutions récurrentes (nouveaux
loisirs, nouvelles habitudes, nouvelles préoccupations) représente l'équivalent d'une source de nourriture disponible pour des solutions prêtes à se reproduire en abondance.
Il ne faut certes pas oublier la
complexité des choses, qui rend la prédiction intrinsèquement défaillante, mais au moins, décrypter les mécanismes à l'oeuvre dans une situation observée peut donner une bonne idée de ce qui est
en train de se produire.
