Dimanche 8 janvier 2006

Gilles jobin est un Québécois qui lit énormément et collectionne les citations. Il m'a fait l'honneur de lire attentivement Comment les systèmes pondent, et voilà le résultat : beau travail.

Quel joli processus évolutionnaire que ce filtre d'un esprit gourmand qui se met à résonner au contact de certaines idées, de certaines paroles, et les renvoie amplifiées dans la noosphère ! Je sais que certains esprits n'aiment pas la pratique de la citation, son côté parfois mutilant, lui préférant la notion d'oeuvre, plus respectueuse de la pensée d'un auteur. Seulement voilà, la collection de Gilles Jobin est en soi une oeuvre. Ou s'arrête l'oeuvre de l'un, où commence celle de l'autre ? Idéalement, ce sujet ne devrait intéresser que les universitaires professionnels et les éditeurs. On ne s'en soucie que lorsqu'un nom fédère une école en cristallisant le pouvoir de sanctionner l'hérésie ou agrège les droits d'auteurs par le biais d'un contrat...

Parole de méméticien !

Je suis plein de reconnaissance envers Gilles (que je ne connais pas encore) pour avoir fait ce travail soigné, d'autant plus que les phrases qui ont éveillé sa sensibilité sont celles que j'aurais pu moi-même extraire comme  importantes.

Par Pascal Jouxtel - Publié dans : web
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Mercredi 4 janvier 2006

On connaissait l'intérêt de la revue Automates Intelligents pour la mémétique, et la posture radicale - mais toujours intellectuellement responsable - que Jacquemin et Baquiast affichent régulièrement au sujet des plus récentes avancées scientifiques.

On ne sera donc pas étonné du ton engagé de la chronique de Comment les systèmes pondent qu'ils viennent de mettre en ligne. Cela nous va droit au coeur !

Qu'en pensez-vous ?

Par Pascal Jouxtel - Publié dans : web
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Lundi 12 décembre 2005

On peut en effet rendre hommage au courage éditorial de la rubrique sciences de TF1.fr, et notamment de son responsable Mathieu Durand. Celui-ci publie en effet une interview incisive et originale, qui tranche avec l'habituelle reprise de la quatrième de couverture du livre.

lisez donc "La mémétique, une science pour ne plus subir" et revenez pour donner votre avis.

Comme quoi la mémétique prouve qu'elle peut être "grand public" sans que cela veuille dire simplification ou sentiers battus.

 

 

Par Pascal Jouxtel - Publié dans : web
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Samedi 3 décembre 2005

Encore un débat issu de la remarque d'un méméticien (et même plusieurs) suite à mon passage dans Osmose de Fabienne Chauvière sur France Inter dimanche dernier (le 27.11).

La critique (de la part de Christophe Jacquemin, de la revue Automates Intelligents) était que je n'aie pas suffisamment affirmé le caractère radicalement novateur de la mémétique, dès le début de l'entretien, et surtout en dépit des orientations données à celui-ci par la journaliste invitante. Il faut, souligne Christophe, porter plus haut un discours radical, faute de quoi le "grand public" ne verra dans la mémétique qu'une lapalissade ou une prose de Monsieur Jourdain, ce qui vous le savez, serait faux.

Alors, quel message-clé devons-nous délivrer aux médias ? Profitons-en pour énoncer en peu de mots ce que la mémétique apporte de neuf :

La mémétique est l'intégration de la sphère culturelle (informationnelle, économique, psychologique et sociale) dans le règne du vivant, étendu au-dela du biologique.

Les véhicules de l'évolution culturelle (rites, organisations, comportements, idées, langages, objets) se nourrissent et se reproduisent en utilisant le terrain humain comme habitat et notamment en exploitant les facultés de notre cerveau, y compris sa capacité à opérer des choix. Nous ne sommes pas les auteurs de nos idées mais leur lieu d'habitation.

L'évolution culturelle, dans le cadre Darwinien, est portée par un code dont la représentation n'est pas encore accessible, dit code mémétique, dont les méméticiens s'emploient à cerner la "grammaire".

Voilà, c'est fait, c'est dit. A partir de là, la discussion commence, et si l'on veut illustrer cela concrètement pour le "grand public", il faut donner des exemples, et là on ne peut que parler des vraies choses de la vie. Du coup, les gens pensent "ah, alors ce n'était que ça, la mémétique ?" Comme si on expliquait la logique en disant "tu vois, par exemple tu as des poissons rouges chez toi, donc j'en déduis que tu aimes les animaux. C'est de la logique."

Je constate souvent qu'il y a deux temps dans l'accession à la théorie mémétique de la part des nouveaux arrivants à l'esprit curieux. D'abord, un temps d'acceptation du changement de perspective, ou d'accomodation, pendant lequel la seule motivation est une curiosité étrange un peu inconfortable.   Et ensuite, boum, une ouverture soudaine sur un nouveau monde de représentations, pendant lequel la personne fait des centaines de liens à la minute avec tous les champs possibles d'exemples et de situations montrant du code en train de se reproduire, de muter, d'être selectionné impitoyablement par les contraintes de la société, de la cognition ou simplement de la matère.

Cela me fait penser aux stéréogrammes, ces dessins doubles que l'on doit fixer quelques instants à vingt centimètres et où l'on ne voit d'abord rien, puis tout d'un coup, un objet en relief qui se dégage peu à peu.

Il faut par ailleurs re-situer ce discours dans le cadre d'une invitation à s'exprimer dans une émission de radio. On y est invité, et tant que l'on n'a pas la grosse tête, on est touché par l'intérêt que l'on vous porte, et surtout, on est accaparé par l'esprit qui règne dans l'univers de l'émission. Il souffle un vent déstructurant pour le message auquel il est très difficile de résister (cette résistance, j'espère, viendra avec le temps). Par ailleurs, c'est ainsi que se crée la matrice de partage où les idées vont être partagées, les mèmes transmis, où les systèmes vont pondre. Avec un peu plus d'expérience que je n'en ai actuellemt, on doit "sentir" aussi au sein de la matrice de partage les milliers d'auditeurs qui eux, sont loin de l'intimité déstabilisante qui règne au studio. 

En tout cas, merci Christophe de m'avoir invité à cette réflexion.

 

 

Par Pascal Jouxtel - Publié dans : débats de méméticiens
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Jeudi 1 décembre 2005

Très bonne question posée par Luc Fayard, de 01 Informatique, dans un article des échos intitulé "Wiki, oui qui ?"

Luc Fayard évoque la wikipédia et son absence de circuit "académique" de validation de la connaissance. Il en fait la critique et remarque notamment que de grands pans de connaissance (supposés traités par ailleurs) sont à peine effleurés, laissant provisoirement de vastes trous. Pour un méméticien, c'est une forme de sélection qui privilégie certains sujets plus novateurs, plus "chauds" ou plus inspirants, i.e. plus acoquinés avec l'esprit wiki.

Le journaliste invite implicitement au débat général sur les nouveaux circuits qui pourraient naitre - i.e. émerger "naturellement" - de cette absence. J'ai moi-même passé plusieurs mois à me dire "il y a des erreurs dans l'article mémétique de la wikipédia, il faut que je les corrige..."

De mon point de vue, le phénomène wikipédia donne une jolie illustration de cette idée reprise de F.Nietszche : l'équilibre créé au sein d'une communauté par un énoncé provisoire suffisamment acceptable pour que personne ne fasse l'effort de le corriger est une assez bonne définition de la vérité tout court ! 

Commentaires ici, puisque les échos n'autorisent pas les réponses sur leur blog (oui, je sais, il y a de vraies raisons objectives à cela).

Par Pascal Jouxtel - Publié dans : Presse écrite
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