Science et Vie annonce la sortie en France de la traduction tant attendue de l'ouvrage de 1999 (un livre du siècle dernier, pensez !) de Susan Blackmore intitulé "The Meme Machine" sous le titre français "La théorie des Mèmes" (Ed. Max Milo).
Au passage, l'article évoque CLSP en ces termes : "Comment les systèmes pondent est brillant, mais aussi ébouriffant (c'est drôle quand on connait mon crâne). Le lecteur doit s'accrocher pour accompagner l'auteur dans un voyage sans garde-fous". Je suis bien d'accord, pour avoir voulu, tout au long du livre, insister non seulement sur le courage intellectuel des fondateurs de la mémétique, mais également sur le caractère ouvert et vertigineux de ses perspectives.
On réagit, à la SFM, sur l'interprétation à donner à la phrase de conclusion "Si la mémétique est controversée - science en devenir ou métaphore inutile - elle ne peut laisser indifférent ceux que fascine l'esprit humain". Il faut rappeler que l'expression "useless metafor" est un coup bas isolé de Steven Jay Gould rapporté par Daniel Dennett. Une métaphore n'est selon moi jamais inutile si elle constitue l'amorce d'une réflexion construite. En revanche, SJG occupait une trop grande place dans l'esprit du public américain pour se risquer à être impliqué dans une aventure intellectuelle aussi dangereuse que la mémétique.
Pour moi, je le redis, la mémétique deviendra une science progressivement au fur et à mesure où elle glanera du temps de cerveau et de l'audience autour de ses paradigmes.
Deux choses compteront : les modèles (en cours de rassemblement, car ils viennent d'ici ou de là, c'est long, ça ne vient pas tout seul) et les données, qui abondent, mais qu'il est nécessaire d'inventorier et cela prend du temps. Le temps est la nourriture d'une science. Aujourd'hui, ce dont la mémétique a besoin, c'est de beaucoup plus de temps de cerveau et de bande passante sociale. A nous de les conquérir.
Je crois qu'un des grands chantiers dans l'immédiat consiste à créer des zones de dialogues entre scientifiques (et j'y inclus les philosophes, les psychologues, les humanistes) afin de tisser un terrain commun où pousseront les solutions de recherche.