Comme je suis un blogueur plutôt calme et confiant, je reprends la plume à la suite de mon post d'il y a trois ans (!) en
novembre 2008 au sujet du salaire des dirigeants... By the way, c'était juste avant l'élection de Barack Obama. Oui,
finalement, "on pouvait", et oui, finalement le monde a un peu changé.
Quelques régimes qui paraissaient pourtant bien accrochés se sont effondrés. Quelques pays se sont avérés plus endettés
qu'on ne voulait bien se le dire. Des illusions de puissance se sont perdues.
Le monde occidental est en train de devenir plus pauvre, tandis que d'autres pays deviennent plus riches. Est-ce un bien ou
un mal ? C'est en tout cas un facteur de réduction des inégalités économiques. Les classes moyennes progressent en Chine, en Afrique, en Amérique latine, dans le monde Arabe.
Et donc, on a vu des patrons renoncer à une partie de leurs revenus. On a vu plus récemment les très riches en Europe
occidentale commencer à supplier qu'on les taxe davantage pour participer symboliquement à l'équilibre du budget. On aurait tort de se moquer de cette attitude. Mais on aurait tort de s'en
satisfaire complètement.
Ce que l'on ne sait pas toujours, c'est que ce renoncement, qui a été médiatisé dans le cas de patrons célèbres, s'est
aussi pratiqué chez de petits entrepreneurs pour qui les montants en question comptaient réellement. Pour qui c'était une véritable privation.
En parallèle, d'autres dirigeants ont vu augmenter leur rémunération entre 2009 et 2010. La plupart ont essayé de le
faire discrètement jusqu'à ce que quelqu'un appuie sur le désormais célèbre bouton "signaler un abus" !
"Signaler un abus", ce geste potentiel si tentant, cette invitation qui nous chatouille la souris quotidiennement sur
toutes les pages du web, finit par devenir l'arme la plus commune en se translatant de contexte en contexte. Ce petit bout de code, ce mème vit dans des solutions qui frappent de plus en plus
spontanément celui qui se sert sans demander et croit que personne ne s'en apercevra, que c'est sans importance...
Aujourd'hui, il ne se passe pas une semaine, que dis-je, une journée sans qu'un article dans les médias n'épingle quelque
boss victime d'une augmentation de salaire. Ce qui change aujourd'hui, c'est qu'à force d'en parler, à force de décrypter le processus, on commence à bien comprendre que les revenus sont comparés
entre eux sur une base internationale et non plus comparés à un travail fourni, ou considérés comme la compensation d'un effort ou d'un risque. Quel risque peut on déclarer affronter
lorsque l'échec sera très probablement récompensé, alors que des centaines d'anonymes en subissent les contrecoups ?
Aujourd'hui, on peut se poser la question :
Que compense-t-on ?
Que récompense-t-on ?
Nous sommes le 11 décembre 2011.
A bientôt,
Pascal